Le jardin : terre de transmission
Réflexion autour du jardin et de l’après
La famille, la transmission, les traditions, la nature, des thèmes chers à ma sœur et qui s'intègrent complètement à l'actualité.
L'avantage de vivre le confinement en territoire rural c'est d'avoir plus de temps pour se consacrer aux moments en famille et de se rendre compte des choses essentielles. Ces deux éléments se retrouvent au travers de mon père, Angelo et de son potager.
Habituellement, le potager est le terrain de jeu exclusif de mon père. Pas parce qu'il en interdit l'entrée, bien au contraire, mais par un désintérêt coupable de la part du reste du foyer. Alors que les journées durant le confinement sont longues et monotones, le potager a maintenant dépassé le statut de simple lieu de culture. Il est devenu un lieu d'échange, de réflexion.
Entre les fleurs de bourrache, la roquette, les radis noirs et les betteraves qui composeront bientôt nos entrées. Entre les premières pousses de butternut, de potimarrons et de poireaux qui nous rejoindront à table à l'automne prochain, mon père nous parle.
On apprend. On apprend à jardiner avec la lune. On apprend ce qu'est la permaculture, pourquoi elle est si bénéfique et efficace. On débat sur l'agro-industrie et son impact sur la vie dans tout ce qu'elle représente. On écoute la nature. Les oiseaux semblent plus nombreux que les années passées. Les insectes aussi. On s'interroge sur notre place au milieu de ces écosystèmes. Au fur et à mesure que les légumes et fleurs grandissent, nos pensées évoluent. Plus on prend conscience des choses simples qui vivent sous nos yeux, plus on se demande si des choses vont changer ce fameux 11 mai.
Est-ce qu'on sera capable de se remettre en question et d'avancer?
Est-ce qu'on saura être aussi patients, raisonnés et attentifs que dans le potager?